Difficile en effet de prévoir à l'échelle locale l'évolution du climat. Selon lui, « les étés seraient plus secs et les hivers davantage humides et moins chauds » dans les décennies à venir. Et l'Aquitaine subirait « des canicules, voire des tempêtes estivales. » Or, selon Stéphane Defresne « les raisins ont besoin des fraîches nuits automnales pour développer les polyphénols qui confèrent leurs saveurs aux vins. » Cueillis précocement, ils s'avèrent surtout riches en alcool et en sucre. Ce professionnel observe d'ailleurs que la teneur moyenne des vins en alcool a déjà augmenté de 12,5° à 13,5°. « Le risque serait de perdre la typicité des grands crus bordelais », avertit Laurent Cogombles, président du syndicat viticole de Pessac-Léognan. Néanmoins, convaincu de la prise de conscience de la profession, il reste confiant : « On devra cultiver des porte-greffe plus vigoureux, dotés de racines plus profondes, mais je suis optimiste car la vigne est une plante rustique qui s'adapte bien aux zones sèches. »