Emballage à bulles

Cette folie Art déco revisitée par la modernité est le contrepoint historique du siège radicalement contemporain construit sur l'allée du Vignoble, à la sortie de Reims, entre ceps de vigne et centre de production. Choisi parmi quatre architectes consultés en mai 2006, Jacques Ferrier a su répondre à la volonté du maître d'ouvrage de s'installer au coeur de l'action, « là où les choses se font », en assumant avec élégance, voire une certaine préciosité, le registre industriel et technique du site. « Le siège social ne devait pas être en décalage avec l'unité de production voisine, estime l'architecte, et partager le même souci d'efficacité pour créer une image forte sans rien de factice. » Les giro-palettes, qui orchestrent le mouvement de rotation requis par l'élaboration du vin, l'ont conforté dans l'inspiration mécanique qui est sa marque de fabrique, avec le métal pour matériau de base et le thème de la grille pour motif. Le concepteur de la Cité de la voile Eric-Tabarly, à Lorient, et du futur pavillon de la France à l'exposition universelle de Shanghai 2010, n'a rien renié de son credo pour servir la cause prestigieuse du champagne. L'ingénieur veillant derrière l'architecte, il place le beau et le durable à portée immédiate de la pensée rationaliste qui l'anime. C'est ainsi que ce natif de Limoux, cinquante ans l'an prochain, monte en gamme et s'ouvre à l'effet décoratif d'une résille d'aluminium anodisé enveloppant tout le bâtiment. « Comme à notre habitude, une deuxième façade permet de contrôler les ambiances et de donner au projet une image unitaire », commente Jacques Ferrier, qui parle sans complexe d'un « emballage ».

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