Du côté du lac de Bienne, comme partout ailleurs en Suisse, tout se présente bien. «2008 est certainement une bonne année. Les arômes sont déjà bons maintenant», se réjouit Gabriel Andrey, du Domaine familial Erich Andrey, à Gléresse. Selon le vigneron, les degrés Oechslé ne sont pas mal et l’acidité n’est pas trop descendue, évitant ainsi les craintes de pourriture. Une acidité bienvenue, puisqu’elle permet une meilleure conservation et une vinification plus facile. «ça devrait être une belle année, en effet, le manque d’acidité empêche d’avoir des vins de garde. Pour la cuvée 2003, année de canicule, par exemple, il fallait boire le vin tout de suite», explique Claude Bocquet-Thonney, présidente de l’Association suisse des vignerons-encaveurs. Tous les vignerons sont par ailleurs d’accord: la bise et les basses températures du mois de septembre ont été bénéfiques. On dit habituellement qu’un kilo de raisin équivaut à une bouteille, donc 7 dl, mais pour les quantités, les vignerons ne peuvent pas encore avancer de chiffres. «J’ai discuté avec des vignerons valaisans et genevois qui ont déjà vendangé. Ils disent que le rendement est assez faible. Même si cela donne une idée, rien n’est définitif», relève Martin Hubacher, de la Cave des Chevaliers de Saint-Jean, à Douanne. Un rendement faible qui va toucher, en particulier, certains vignerons victimes de la grêle du mois de mai. Gabriel Andrey confirme: «Nous avons été pas mal touchés par la grêle, environ un tiers de nos 11 hectares.» Lukas Hasler, de Douanne, précise que dans sa région (Douanne et Gléresse), certains vignerons ont eu jusqu’à 80% de perte. Une véritable solidarité, entre voisins vignerons, règne toutefois, permettant aux plus touchés d’acheter du raisin aux autres.

Source de l'article : journaldujura.ch