Ce résultat est inespéré compte tenu de l'épouvantable réputation faite au millésime 2007. Mais tous les professionnels sérieux savent qu'il est impossible de prédire la qualité d'une année avant d'avoir dégusté les primeurs. Ils sont donc venus juger sur pièces ou plutôt sur barriques.

Si le millésime 2007 a mauvaise réputation, c'est en raison du temps peu ensoleillé des mois de juillet et d'août qui a considérablement ralenti un millésime très précoce. Fin août, on ne donnait pas cher de la récolte. Mais le miracle s'est produit, une fois de plus : septembre et surtout octobre ont été exceptionnels. Certes, le temps perdu ne se rattrape jamais, mais la récolte est plus que présentable. L'Å“nologue Michel Rolland la qualifie par une jolie formule, « un millésime d'ombre». Il a engendré de formidables vins liquoreux avec un château-d'yquem exceptionnel et des sauternes de grande classe. Il ne faudra pas les rater. Le millésime a aussi été très favorable aux vins blancs secs, en particulier au cépage sauvignon, qui ont une belle fraîcheur, mais le marché mondial n'en manque pas.

L'affaire est plus compliquée pour les vins rouges, d'où une forte hétérogénéité de qualité. Ceux qui ont beaucoup travaillé dans le vignoble s'en sortent bien, mais avec des coûts de production élevés. «Les plus onéreux depuis 100 ans», précise Gildas d'Ollone du château Pichon-Lalande à Pauillac. Il a fallu juguler les maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium) du temps maussade des mois d'été, ce qui n'était pas une mince affaire, et attendre que le raisin mûrisse.

Belles réussites en Médoc A priori, le cépage cabernet sort toujours avec les honneurs des millésimes tardifs, d'où de belles réussites dans le Médoc surtout, si comme à Ducru-Beaucaillou et à Las Cases, on a pris le soin d'éliminer à la véraison les raisins qui ne mûriront pas pour mieux favoriser les autres. Contrairement aux apparences, le libournais n'est pas en reste avec de belles réussites à Pomerol, à Saint-Émilion et dans les Graves grâce à un travail acharné. Il faudra donc être sélectif, mais les meilleurs vins rouges présentent un fruit et un équilibre qui permettront d'attendre les millésimes de grande garde comme 2005. Ils sont parfaitement adaptés à l'époque où les vins se boivent très tôt «sur le fruit», pour le plaisir immédiat.

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