LE FIGARO. – Votre biographie vient de sortir aux Etats-Unis et vous définit comme l'empereur du vin. Est-elle officielle ?

Robert PARKER.

– Non, ce livre contient beaucoup d'erreurs. Je suis avocat, amateur de vin, pas empereur. Les sources de cette biographie sont anonymes : je n'en approuve pas les méthodes, non journalistiques.

De même, vous n'avez pas apprécié le film Mondovino. Pour quelles raisons ?

- Mondovino est un très mauvais film techniquement, un travail d'amateur. En outre, il donne une version erronée des différents points de vue exprimés. Un exemple : la mondialisation, dont mon guide 1983-1984 soulignait les points positifs et négatifs. Mondovino n'aborde pas non plus des sujets capitaux, comme le conservatisme de la distribution et des gigantesques réseaux qui monopolisent le marché, une calamité pour les vins fins et les petits vignerons en France, en Italie ou en Espagne. Le film dénonçait aussi votre amitié avec l'œnologue bordelais Michel Rolland, dont vous aimez presque systématiquement les vins ?

- La première fois que j'ai rencontré Michel Rolland, c'était en 1983 à Bordeaux. Ce grand œnologue a fait du bien au monde du vin et ceux qui disent qu'il ne respecte pas le terroir ont complètement tort. Je le connais depuis vingt-deux ans, et nous n'avons pas partagé plus de six ou sept repas ensemble. Il m'arrive d'être très critique avec certains de ses vins. Mais en général, il est vrai que j'aime 80% de ce qu'il fait.

Vous écrivez justement que les vins de Bordeaux se sont nette ment améliorés depuis vingt ans. Comment l'expliquez-vous ?

- Bordeaux travaille mieux ses vins aujourd'hui que jadis, grâce à une sélection plus drastique notamment dans les chais et dans les vignes. Quand j'ai commencé mon métier de critique, seuls une vingtaine de châteaux bordelais faisaient des vins de très grande qualité. Aujourd'hui, ils sont trois ou quatre cents. Il y a eu une vraie explosion de la qualité à travers le monde et les Français ont influencé ce mouvement. En matière de vin, la France est-elle encore au premier rang ?

- Oui, pour les grands vins. Peut-être en existe-t-il deux ou trois en Italie, un en Espagne, trois ou quatre en Californie. La plupart des progrès réalisés en Californie sont liés à l'influence française. L'exportation du savoir-faire français a accru les possibilités de faire de bons vins... ailleurs(...)

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