CHRONIQUE HISTORIQUE : LE SAVIEZ-VOUS ?

Des vins du cour. Au début, les beaujolais nouveaux sont majoritairement produits dans la zone centrale du vignoble, sur moins de 2 000 hectares de vignes, à Blacé, Saint-Etienne-les-Oullières, Saint-Etienne-la-Varenne, le Perréon. C' est là le berceau historique du beaujolais nouveau.

L'armée s'en mêle. L'histoire du phénomène du beaujolais nouveau - unique dans l'univers du vin - débute le 11 mars 1951, avec la suppression de l'échelonnement des sorties des vins à la propriété. Jusqu'à cette date, les ventes de vins étaient régies selon un calendrier minutieux. Objectif : planifier l'approvisionnement en vin des armées. Au printemps 1951, ce principe est supprimé. La date de mise en marché de tous les vins est fixée au 15 décembre. Dès lors, les vignerons du Beaujolais demandent à l'administration la possibilité de commercialiser leurs vins primeurs avant. Ceci leur est accordé, ainsi qu'aux autres vignobles producteurs d'A.O.C en primeur, le 13 novembre. A l'époque, les volumes commercialisés par le Beaujolais sont de l'ordre de 15 000 hl.

C'est quand ? Pendant 35 ans, la date de déblocage du beaujolais nouveau varie. Dans un premier temps, elle diffère selon les millésimes. Puis, en 1967, elle est fixée au 15 novembre. Qui tombe certaines années un dimanche ! En 1985, le 3ème jeudi de novembre est choisi comme jour de mise en vente du beaujolais nouveau. A 0 h 00, sur toute la planète.

Ca swingue. La première soirée de promotion du beaujolais nouveau remonte au. 20 décembre 1951. Une centaine de journalistes et de personnalités parisiennes ont leur invitation : "le beaujolais 1951 vous convie à son premier rendez-vous parisien, le jeudi 20 décembre, à 18 heures, à la Questure de l'Assemblée Nationale". Certains négociants commencent à profiter de l'anticipation qui leur est offerte. Mais à l'époque, rares sont ceux qui, parmi les professionnels du Beaujolais, croient fermement au succès d e ces opérations.

MAITRISE DES RENDEMENTS : LA CLE DE LA QUALITÉ

Durant cette campagne, les viticulteurs du Beaujolais ont constamment recherché une bonne maîtrise du volume de production au sein de leurs exploitations. Cette préoccupation permanente fut présente tout au long du cycle végétatif de la vigne. En hiver, la campagne viticole a débuté avec une taille sévère des ceps (faible nombre de bourgeons par cep). Certains viticulteurs ont même engagé une modification en profondeur de leur taille : d'une taille longue vers une taille plus courte. Ainsi, à la fin de l'hiver, les observations de la charge par cep montraient déjà un effort conséquent dans la volonté de maîtriser le potentiel de récolte. Quelques semaines après le débourrement, d'importants travaux d'ébourgeonnage ont permis de réduire encore le potentiel de récolte. Au moment de la floraison, les comptages dans de nombreuses parcelles montraient des nombres faibles de grappes par cep, le plus faible sur les dix dernières années en excluant l'année 2003 qui avait cumulé les aléas climatiques (gelée de printemps et canicule). Dans l'été, malgré ce faible potentiel de récolte prévisible et annoncé, bon nombre de vignerons ont encore pratiqué les vendanges en vert pour optimiser la maîtrise du rendement à la parcelle. Tous ces efforts occasionnant des temps de travaux supplémentaires ont été renforcés par une climatologie de sécheresse qui est &a grave; l'origine de petites grappes (poids faible). Ainsi, un nombre de grappes faible et des grappes de petites tailles sont à l'origine d'une faible production pour ce millésime en Beaujolais, synonyme d'une qualité de vendange exceptionnelle (bonne maturité, équilibrée, riche, ...). Cette petite récolte de qualité est actuellement travaillée par les vignerons pour nous proposer prochainement un vin exceptionnel.

Site Internet : beaujolais.com