Est-ce un marché de dupes ? A vrai dire, les vins américains élaborés dans ces conditions sont déjà vendus en Europe par le jeu des dérogations, qui sont un usage courant dans les négociations internationales.

L'interdiction faite aux vignerons européens d'utiliser les mêmes procédés ne manque cependant pas d'étonner ceux qui sont plus préoccupés par les volumes que par la qualité des produits. En réalité, ce sont deux conceptions qui s'affrontent. Entre, d'une part, des vins qui font référence au terroir, élaborés selon des critères garantis par des organismes publics, et, d'autre part, des vins fabriqués selon les principes du très laxiste Bureau of Alcohol, Tobacco and Firearms (Bureau des alcools, tabacs et armes à feu, BATF), qui régit aux Etats-Unis la mise en vente et l'usage de ces produits. L'option culturelle face au réalisme industriel ? La question n'est pas si simple.

L'aromatisation des vins est aussi vieille que la viticulture. Dans l'Antiquité, on enduisait les amphores d'une couche de résine de pin pour les rendre étanches ; le vin s'imprégnait alors d'arômes balsamiques. Aujourd'hui, le retsina grec, en souvenir des vins antiques, est obtenu par l'adjonction dans le moût de petits morceaux de résine de pin d'Alep, qui aromatisent le vin jusqu'au soutirage.

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